Conjoncture

Vers des hausses de taux d’intérêt plus précoces ? Pas impossible...




Des problèmes du côté de l’offre expliquent une bonne partie de l’actuelle poussée de l’inflation dans plusieurs pays. Or, il est plus difficile de s’attaquer à ce type d’inflation et il y a un risque que l’on assiste à un mauvais dosage de la politique monétaire et budgétaire. Il faut souhaiter que les problèmes du côté de l’offre ne persistent pas trop longtemps et surtout qu’il n’y ait pas de spirale inflationniste.
Si tel devait être le cas, les banques centrales pourraient devoir amorcer plus rapidement le relèvement des taux directeurs afin d’assurer leur maîtrise de l’inflation.
L’évolution des anticipations d’inflation et des salaires devraient être de bons indicateurs du degré de patience qu’afficheront les banques centrales.

Il serait étonnant que les banques centrales décident de laisser aller l’inflation. Le maintien d’une inflation basse, stable et prévisible est un gage de prospérité économique à long terme. Si des indicateurs signalaient de façon plus convaincante que nous nous dirigeons vers une période prolongée d’inflation élevée, plusieurs banques centrales devanceraient ou accéléreraient probablement leur resserrement monétaire.
L’évolution des contraintes sur l’offre, la progression des salaires et les anticipations d’inflation, surtout de plus long terme, continuera d’être suivie de près.
Cela est sans compter que le surplus d’épargne accumulé pendant la pandémie pourrait devenir une autre source d’inflation d’ici quelques trimestres s’il devait être relâché rapidement dans les dépenses de consommation.

Aux États‑Unis, la première hausse pourrait avoir lieu en septembre 2022. Les marchés financiers se positionnent pour un resserrement encore plus précoce, notamment au Canada avec une hausse totalement escomptée pour la rencontre de politique monétaire d’avril 2022. C’est au Royaume‑Uni que les attentes de resserrement monétaire sont les plus élevées. Cet ajustement des marchés fait suite à un signal assez fort envoyé par le gouverneur de la Banque d’Angleterre selon lequel il ne laissera pas l’inflation déroger de sa cible pendant une période trop longue.

Quoi qu’il en soit, il faut aussi se questionner sur l’effet qu’auraient réellement ces hausses de taux d’intérêt. En effet, elles ne régleraient pas les problèmes d’offre. Elles contribueraient à freiner la demande et la croissance économique.
Le principal avantage d’agir malgré la présence d’un choc d’offre serait le maintien de la crédibilité des banques centrales en matière de ciblage de l’inflation.
Il est probable qu’elles n’auraient pas à enchaîner plusieurs hausses de taux pour  que le message soit bien compris. Ainsi, bien qu’un relèvement précoce des taux directeurs soit possible, il serait étonnant que plusieurs hausses de taux se succèdent au cours des prochains trimestres.

Rédigé par Desjardins, études économiques, le 03/11/2021 modifié le 03/11/2021 - 10:36


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