Conjoncture



Plus de 20 millions d’emplois perdus aux États-Unis et le plus haut taux de chômage depuis 1940


L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu 20 500 000 d'emplois détruits en avril, après la perte de 870 000 emplois (révisée de -701 000) en mars. C’est la pire baisse de l’emploi depuis que les données mensuelles ont commencé à être compilées. Le taux de chômage a bondi, pour passer de 4,4 % en mars à 14,7 % en avril, le plus haut niveau depuis octobre 1940.


L’ampleur des variations de l’emploi et du taux de chômage en avril caractérise bien la situation extraordinaire vécue présentement par l’économie mondiale et l’économie américaine en particulier.
En un seul mois, les États-Unis ont perdu presque la totalité des 22 744 000 emplois créés pendant le cycle haussier des années 2010.
On remarque aussi que les mises à pied d’avril équivalent à une baisse de 13,5 % de l’emploi. Rappelons que lors de la récession de 2008-2009, il s’était perdu un peu plus de 8 700 000 emplois, soit un recul de 6,3 %. Avant la COVID-19, la pire baisse mensuelle historique, soit les 800 000 emplois perdus en mars 2009, représentait une diminution de « seulement » 0,6 %. Autre fait notable, la proportion de secteurs qui affichent une hausse de l’emploi est tombée à 4,8 % en avril; le plus bas taux historique était de 15,5 % (avril 2009). Ces comparaisons permettent surtout de voir l’ampleur des mesures sanitaires et de confinement sur l’activité économique.
Contrairement aux autres récessions, les pertes d’emplois ne se sont pas accentuées graduellement, mais ont plutôt été provoquées afin de combattre la pandémie.
On peut espérer qu’une bonne partie de ces pertes seront d’ailleurs récupérées au cours des prochains trimestres. L’enquête auprès des ménages fait justement état que parmi les pertes d’emplois, 18 063 000 sont des « mises à pied temporaires »

Malgré leur ampleur, la chute de l’emploi et la hausse du taux de chômage sont assez proches des prévisions. L’évolution des demandes d’assurance-chômage au cours des dernières semaines suggère d’autres mises à pied nettes en mai et la suite dépendra des succès face à la pandémie et de la réussite du déconfinement qui commence à se mettre en place.

Rédigé par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins, le 08/05/2020 | Lu 374 fois modifié le 08/05/2020 - 16:50

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