Conjoncture


Nouvelle crise de politique budgétaire aux États-Unis : un risque pour la croissance ?


Les précédents « shutdowns » n’ont pas fait trop de mal
Les précédents « shutdowns » n’ont pas fait trop de mal
Après une certaine période d’accalmie qui a suivi l’arrivée du fiscal cliff partiel au début de l’année et la mise en place des coupes automatiques de dépenses, une nouvelle crise budgétaire s’annonce aux États‑Unis. Cette fois, deux embûches sont en place. La première arrivera le 1er octobre si le Congrès et la Maison‑Blanche ne s’entendent pas pouradopter une série de résolutions visant à financer les opérations courantes du gouvernement. La deuxième devrait arriver vers le 17 octobre avec l’épuisement des mesures visant à empêcher la dette fédérale de se buter à son plafond légal.
Les conséquences d’un shutdown des opérations du gouvernement sont, a priori, moins graves. Ce ne sont pas toutes les activités et tous les programmes fédéraux qui seront touchés; seulement ceux nécessitant un financement annuel et qui sont jugés non nécessaires à la sécurité, à l’ordre et à la santé publics. Les programmes sociaux disposent généralement d’un financement continu, bien que certains services tels que les nouvelles demandes d’inscription ou de réclamations peuvent être retardés.
Un arrêt des opérations signifie surtout la mise en congé  non rémunéré (furloughs) de milliers d’employés du gouvernement fédéral. Lors des derniers épisodes en 1995 et  en 1996, provoqués par la mésentente budgétaire entre le  président Clinton et les républicains, environ 800 000 fonctionnaires étaient affectés.
Les effets sur le reste de l’économie peuvent aussi être notables. Lors des deux périodes de shutdown de l’exercice budgétaire 1996, les indices de confiance des consommateurs  ont chuté. Le PIB réel n’a pas trop souffert sur l’ensemble du  dernier trimestre de 1995 avec une croissance annualisée de  2,9 %, et ce, malgré une contribution négative de 0,9 point  de pourcentage provenant du gouvernement fédéral. Les  réactions à la Bourse étaient plutôt diffuses, au pire ralentissant une tendance haussière. Sur l’ensemble des deux  épisodes de shutdown de la fin de 1995, les taux des titres  du Trésor d’une échéance de dix ans ont diminué d’environ 30 points de base.

Implications

Si le problème politique se poursuit jusqu’au 30 septembre, un shutdown aura lieu pour la première fois en près de 18 ans. Toutefois, les conflits de ce genre entre le président Obama et les républicains se sont tous conclus avec des ententes de dernière minute. La condition émise par les républicains d’évincer complètement le financement de la réforme de la santé du président est cependant irrecevable pour les démocrates. Si aucune solution heureuse ne s’avère, il serait tout de même étonnant que le conflit dure bien longtemps. La confiance pourrait être temporairement affectée, mais la croissance devrait se maintenir.
La contrainte suivante, celle du plafond de la dette, est plus inquiétante. Le président Obama a clairement indiqué qu’il ne voulait plus négocier à ce sujet et que le Congrès se doit d’ajuster le plafond au niveau rendu nécessaire par les revenus et les dépenses déjà approuvés. De leur côté, les républicains veulent aller chercher de nouvelles compressions  budgétaires. L’empêchement du gouvernement fédéral de  contracter de nouveaux emprunts risque d’entacher sa crédibilité et le manquement de certains paiements (intérêts ou  autres dépenses) pourrait gravement dégrader la situation financière et économique.

Rédigé par Francis Généreux, Économiste principal chez Desjardins, le 26/09/2013 | Lu 281 fois

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