Bourse

Les inquiétudes sanitaires relèguent la politique américaine au second plan



Alors que les négociations entre républicains et démocrates sur le plan de soutien économique attiraient principalement l’attention des marchés ces dernières semaines, la thématique sanitaire est à nouveau montée d’un cran avec l’envolée du nombre de cas en Europe et aux Etats-Unis.


Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d'IG France
Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d'IG France

Les indices européens et les Futures sur indices américains ont débuté la semaine par un repli mais c’est surtout la formation de trous de cotation (gaps) notamment sur les Futures américains qui traduit un changement de perception assez sensible sur le week-end et donc sur les questions sanitaires.

En effet les sondages ont relativement peu évolué au cours du week-end. Si on observe les données RealClearPolitics, qui agrègent les sondages effectués à l’échelle nationale (au 25 octobre 50.8% des intentions de vote favorables à Joe Biden contre 42.8% pour Donald Trump), il y a eu peu de variation, contrairement à la période du 13 au 21 octobre qui avait vu une remontée de Donald Trump, notamment dans certains Etats-clés comme la Floride.
On ne peut donc pas considérer que ce sont les données politiques du week-end qui ont influencé le décalage à la baisse des indices lundi matin mais bien les données sanitaires.
L’indice de volatilité du SP500, le VIX, a fait une nouvelle incursion au-dessus de 30 aujourd’hui, sachant que cette zone est la borne haute d’un canal dans lequel évolue la volatilité depuis plusieurs semaines. En effet, le VIX évolue entre 25 et 30 depuis mi-septembre et donc toute approche des bornes du canal doit être surveillée avec attention.

Les taux américains marquent également le pas en ce début de semaine comme le taux 10 ans qui après avoir touché vendredi son plus haut niveau depuis début juin à 0.87%, se rétracte en direction des 0.80%. Autre indication du sentiment d’aversion au risque qui règne sur les marchés en ce début de semaine : le pétrole. Le WTI retombe à son plus bas niveau depuis le 5 octobre, proche de 38% alors qu’il évoluait à près de 42$ en milieu de semaine dernière.
En revanche, on n’observe pas d’appétit pour les devises refuges comme le yen ou le franc suisse avec le sentiment que le marché a plutôt choisi le dollar comme valeur refuge dans cette phase plus nerveuse sur les marchés financiers.

Il convient à ce stade de rester attentif à l’appétit des investisseurs pour la dette des entreprises américaines et notamment la dette à haut rendement (high yield) : la dégradation des conditions sanitaires avec une hausse sensible du nombre de cas de Covid-19 en octobre aux Etats-Unis a entraîné un tassement du cours de obligations à haut-rendement. Il s’agit d’un sujet important car il traduit le degré de confiance des investisseurs dans la reprise économique mais également dans la capacité de la Fed a soutenir ce marché (la Réserve Fédérale est intervenue à partir du premier semestre sur des ETF d’obligations High Yield US face à l’instabilité ambiante)

Il semble donc à court terme que l’évolution de la pandémie en Europe et aux Etats-Unis focalise l’attention des investisseurs et que les questions politiques sont reléguées au second plan. Sachant que les marchés ne peuvent même pas s’appuyer aujourd’hui sur les espoirs d’un accord sur le plan de soutien économique : le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué que Donald Trump ne pouvait toujours pas valider plusieurs propositions figurant dans le plan de soutien proposé par Nancy Pelosi.

Rédigé par Alexandre Baradez, Responsable Analyses Marchés d'IG France, le 26/10/2020 modifié le 26/10/2020 - 16:59


Envoyer Envoyer    Imprimer Imprimer          Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

FUTURE CAC 40 : Passage contrarié

Hier, nous aurions plutôt été enclins à croire à des transactions limitées au sein d’un petit couloir de transaction 5540-5560 points....

Pas de retracement

Le CAC 40 ne se décide pas à reculer même si pour autant il vient à manquer de carburant. Les annonces de vaccins qui plus est très bientôt...








glossaire bourse












Mentions légales