Conjoncture

Les annonces de la BCE pour contrer les effets de la seconde vague de COVID-19 sur l'économie




Les annonces de la BCE

- Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeurent inchangés, à respectivement 0,00 %, 0,25 % et -0,50 %.
- Une enveloppe de 500 milliards d'euros est ajoutée au programme d’achats d’urgence face à la pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme – PEPP). Au total, ce seront 1 850 milliards d'euros d’actifs qui pourront être achetés au moyen de ce programme, dont l’échéance minimum passe de juin 2021 à mars 2022.
- Les achats via le PEPP se feront de façon flexible pour assurer des conditions financières favorables. Il n’est pas garanti que l’enveloppe annoncée sera utilisée dans son entièreté. Elle pourrait aussi être accrue si nécessaire.
- Trois nouvelles opérations de refinancement de long terme ont été ajoutées entre juin et décembre 2021. De plus, les conditions d’emprunt avantageuses liées à ce type de financement sont prolongées de 12 mois, jusqu’en juin 2022. Cela inclut un taux d’intérêt pouvant être aussi bas que -1,00 %.
- Un autre programme de refinancement de long terme (Pandemic Emergency Longer-term Refinancing Operations – PELTROs) est bonifié. Quatre nouvelles opérations sont ajoutées pour 2021.
- Les prévisions de court terme ont été révisées à la baisse. La croissance économique devrait atteindre -7,3 % en 2020, 3,9 % en 2021, 4,2 % en 2022 et 2,1 % en 2023. Les risques sont toujours orientés vers le bas, quoique moins prépondérants, notamment en raison des vaccins.
- L’inflation devrait atteindre 0,2 % en 2020, 1,0 % en 2021, 1,1 % en 2022 et 1,4 % en 2023. Il s’agit d’une révision à la baisse pour les années 2020 et 2022.

Commentaires

Les marchés ont peut-être été encouragés par l’arrivée des vaccins contre la COVID‑19, mais la BCE souligne les effets négatifs importants que la seconde vague amène sur l’économie. Le quatrième trimestre de l’année 2020 devrait afficher une croissance négative et le début de 2021 devrait également être difficile.
Les mesures annoncées aujourd’hui aideront à compenser les effets économiques de la seconde vague de COVID‑19. Qui plus est, la BCE reste également prudente sur la campagne de vaccination, soulignant la difficulté d’atteindre une immunité collective et le risque de résurgence du virus.
Les annonces d’aujourd’hui viennent aussi réduire l’écart d’intervention entre la BCE et la Réserve fédérale. Si la plupart des achats de la BCE avaient pris fin en juin, cela aurait fortement contrasté avec ce qui est anticipé du côté américain et aurait pu se traduire par une appréciation beaucoup plus importante de l’euro. Même si la BCE n’a pas de cible précise sur l’euro, elle prend tout de même note de son appréciation récente. Cela amène un effet baissier supplémentaire sur les prévisions d’inflation. En conférence de presse, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a mentionné que l’évolution de la devise continuera d’être suivie de très près.

Implications

La BCE affiche un plus grand engagement à soutenir l’économie, le temps que les effets de la pandémie se dissipent. La mise à jour de ses prévisions laisse aussi entendre qu’il sera difficile de relever les taux directeurs d’ici 2023. L’euro n’a pas vraiment été affecté par les décisions d’aujourd’hui.

Rédigé par Hendrix Vachon, économiste principal chez Desjardins, le 10/12/2020 modifié le 11/12/2020 - 10:08


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