Conjoncture



Le rebond des ventes au détail aux États-Unis est plus fort que prévu


Les ventes au détail ont bondi de 17,7 % en mai, après des baisses de 14,7 % en avril et de 8,2 % en mars. Les ventes d’automobiles ont augmenté de 44,1 % et la valeur des ventes des stations-service a progressé de 12,8 %. Excluant les autos et l’essence, les ventes ont enregistré une hausse de 12,4 %.


Les hausses de mai sont bienvenues, mais les niveaux demeurent bas.
Les hausses de mai sont bienvenues, mais les niveaux demeurent bas.
Après deux chutes historiques, voici maintenant le plus fort gain des ventes au détail depuis que les données mensuelles ont commenté à être publiées en 1992. La hausse de mai est aussi plus forte que ce qui était prévu par le consensus. Le caractère graduel des réouvertures de commerce et la poursuite des fermetures en mai dans certains États populeux (Californie, New York, Illinois) suggéraient une hausse plutôt timide. Les gains sont assez étonnants. Ainsi, on remarque des hausses de 188,0 % chez les boutiques de vêtements, de 89,7 % dans les magasins de meubles, de 88,2 % dans les magasins associés aux loisirs et de 50,5 % dans les magasins d’électroniques. Il faut dire que ces détaillants (avec la restauration, qui a augmenté de 29,1 %) ont aussi été les plus touchés par les mesures sanitaires et de confinement. Cependant, on remarque que ceux qui étaient déjà en hausse en mars ou en avril ont continué de progresser, comme les épiceries (+2,0 %) et les magasins en ligne (+9,0 %). Cela dit, les ventes totales demeurent 7,9 % sous leur niveau de février. Le rattrapage est donc loin d’être terminé.
L’augmentation de la production industrielle est beaucoup moins impressionnante que celles des ventes au détail et le gain de 1,4 %, bien que substantiel en temps normal, ne peut pas vraiment être qualifié de rebond à la suite d’une chute totale de 16,5 %.
En fait, le seul secteur qui a enregistré un rebond digne de ce nom est celui de l’automobile, avec une croissance de 120,8 %, après une contraction totale de 83,5 %. On observe aussi des hausses mensuelles de plus de 10 % du côté de la fabrication de vêtements et de textiles. Plus inquiétants, certains secteurs demeurent en baisse en mai, notamment la métallurgie, la machinerie, l’équipement électrique et les produits électroniques. Cela suggère que l’investissement des entreprises connaîtra un rebond post-pandémie moins prononcé que la consommation.

Le mois de mai marque le début de la reprise, après les chutes de mars et d’avril provoqués par la pandémie de COVID-19. Toutefois, et malgré les hausses mensuelles des ventes du mois dernier (et celles attendues pour juin), la consommation et la production afficheront une lourde contraction sur l’ensemble du deuxième trimestre. L’effet positif se verra dans le PIB réel du troisième trimestre.

Rédigé par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins, le 16/06/2020 | Lu 296 fois modifié le 16/06/2020 - 16:54

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