Conjoncture


La BCE appelle les États à soutenir la croissance

Lors de sa réunion du 12 septembre, la BCE a indiqué que le taux d’intérêt de la facilité de dépôt était abaissé de 10 points de base à -0,50 %. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal demeurent inchangés, à respectivement 0,00 % et 0,25 %.


Mario Draghi, le président de la BCE, lors de la conférence du 12 septembre
Mario Draghi, le président de la BCE, lors de la conférence du 12 septembre
Devant le ralentissement de l’économie de la zone euro et un taux d’inflation se maintenant nettement sous sa cible, la BCE pouvait difficilement faire autrement que d’assouplir sa politique monétaire. La baisse du taux d’intérêt sur les dépôts ainsi que la reprise des achats d’actifs, moins d’un an après qu’ils aient été arrêtés, avaient largement été anticipées. Ce qui surprend un peu plus est la durée pendant laquelle la politique monétaire pourrait être maintenue au niveau actuel ou à un niveau plus souple encore. Avant de retirer ses mesures d’assouplissement, la BCE souhaite voir la tendance future de l’inflation converger de manière très convaincante vers sa cible. Cette tendance devra notamment s’observer avec l’inflation de base, qui exclut la variation des prix des aliments et de l’énergie. Considérant les prévisions d’inflations de la BCE, cela signifie que l’on pourrait attendre plusieurs années encore avant de voir le début d’un resserrement monétaire en zone euro.
Un autre élément intéressant est que la BCE semble vouloir mettre plus de pression sur les gouvernements pour qu’ils soutiennent l’économie, soit par des réformes structurelles pour accroître la croissance à long terme, soit par des plans de stimulation économique. 
Cette prise de position plus ferme pour l’intervention des gouvernements n’est probablement pas étrangère au fait que la BCE commence à sentir que la politique monétaire approche de sa limite en termes d’efficacité. Cela pousse la BCE à réfléchir à son cadre de gestion de la politique monétaire. Des changements pourraient être apportés au cours des prochaines années.

Implications

Considérant les annonces d’aujourd’hui, les taux obligataires européens devraient évoluer en territoire négatif pour plusieurs années encore. De plus en plus de taux d’intérêt de détail pourraient aussi les rejoindre. Par ailleurs, il y a un risque que ces mesures n’aient finalement qu’un effet limité sur l’économie et sur l’inflation, surtout si elles ne sont pas accompagnées par des politiques expansionnistes des gouvernements.

Rédigé par Hendrix Vachon, économiste principal chez Desjardins, le 12/09/2019 | Lu 692 fois

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