Conjoncture



L’offre de pétrole est menacée



Le prix du pétrole est remonté au-dessus de 70$ par baril WTI (West Texas Intermediate). Des craintes concernant l’offre de pétrole ont alimenté cette augmentation, malgré l’annonce d’une hausse de production de 1 000 000 bpj (barils par jour) de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de la Russie. Plusieurs experts doutent du succès de cette cible, alors que les capacités de production excédentaires sont limitées. De plus, cette hausse pourrait être insuffisante pour combler la diminution de production des autres membres, malgré une forte production canadienne et américaine. Le Venezuela a vu sa production se détériorer depuis 2016, perdant plus de 950 000 bpj. La crise économique et politique qui a causé ce déclin semble loin d’être réglée et sa production pourrait se rétrécir davantage. La production de pétrole en Libye a chuté de 300 000 bpj en juin, alors que quatre de ses ports pétroliers ont été attaqués par différentes factions militaires. De plus, le manque d’investissement et le vieillissement des gisements de pétrole au Mexique et en Angola ont pénalisé leur production.


D’autres facteurs font également pression à la hausse sur les prix. Les stocks internationaux se sont grandement affaiblis. Au Canada, une panne d’électricité force l’arrêt des activités d’une mine de sable bitumineux produisant 350 000 bpj, au moins pour le mois de juillet.
Le plus grand risque est toutefois le retour de sanctions imposées sur l’Iran. Le Département du commerce américain a annoncé que les pays ne réduisant pas leurs importations de pétrole iranien à zéro d’ici le 4 novembre prochain seraient aussi sujets à des sanctions.

Beaucoup d’incertitudes demeurent quant au prix du pétrole. La réponse des autres pays face aux menaces de sanctions américaines et l’évolution des conflits commerciaux seront des facteurs déterminants. Si d’autres perturbations frappaient le marché pétrolier, il ne serait pas impossible que le prix du WTI dépasse les 80$ à court terme.

Rédigé par Carine Bergevin-Chammah, économiste chez Desjardins, le 09/07/2018 | Lu 436 fois modifié le 09/07/2018 - 16:13

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