Conjoncture

L’inflation aux États-Unis restera élevée à court terme



L’inflation est actuellement élevée aux États‑Unis et elle est également généralisée. Mais, est‑ce que cette situation va perdurer longtemps ?


La poussée des prix liés au secteur automobile est un peu moins vive qu’elle ne l’était au début de l’été dernier.
La poussée des prix liés au secteur automobile est un peu moins vive qu’elle ne l’était au début de l’été dernier.
La croissance sur 12 mois de l’indice américain des prix à la consommation (IPC) a récemment atteint des taux inobservés depuis l’été 1990. L’inflation est maintenant plus du triple de la cible  traditionnelle de la Réserve fédérale (Fed) de 2 % et plus de 85 % du panier de biens et services  enregistre une hausse supérieure à ce taux. Les perturbations causées par la pandémie sont évidemment à la source d’une bonne partie de cette forte inflation. Les pressions sur les coûts du logement et sur les salaires sont des facteurs qui risquent de rendre la poussée des prix plus persistante.

Certains facteurs devraient en effet continuer à alimenter les hausses de prix et faire que pendant un certain temps, l’inflation qui exclut les aliments et l’énergie restera plus élevée que ce que l’on a eu l’habitude de voir pendant les années 2010. On pense notamment aux pressions sur les prix des logements, y compris l’équivalent‑loyer des propriétaires.
L’augmentation des salaires, notamment si elle perdure, pourrait aussi causer une certaine persistance des pressions sur les prix à la consommation.
Cela dit, certains facteurs vont aussi s’estomper. On voit déjà que la poussée des prix liés au secteur automobile est un peu moins vive qu’elle ne l’était au début de l’été dernier. Pour les autos comme pour les biens d’autres secteurs (y compris les coûts énergétiques), les comparaisons sur 12 mois vont s’aplanir aussi au cours de 2022. De plus, la meilleure maîtrise de la situation sanitaire avec la vaccination amène déjà une réorientation de la consommation vers les services, ce qui réduira tôt ou tard les pressions sur les prix des biens. Il reste ensuite à voir si les perturbations liées à la pandémie, notamment du côté des chaînes d’approvisionnement, vont perdurer longtemps. Si les manques de pièces, les pénuries de main‑d’œuvre et les problèmes de transport internationaux de marchandises demeurent criants, l’inflation restera vraisemblablement élevée. Toutefois, si, comme l’anticipent les dirigeants de la Fed, ces pressions s’estompent, l’inflation reviendra graduellement plus près de 2 %. Le retrait des mesures d’assouplissement quantitatif et le début des hausses de taux d’intérêt prévu en 2022 contribueront également à modérer les anticipations inflationnistes.

Rédigé par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins, le 14/11/2021 modifié le 14/11/2021 - 22:17


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