Conjoncture

États-Unis : la consommation augmente malgré une baisse du revenu des ménages



La consommation réelle des ménages américains a augmenté de 0,5 % en octobre, après un gain de 1,1 % en septembre. La croissance est venue des biens durables (+0,8 %) et des services (+0,6 %) alors que la consommation de biens non durables a stagné. Le revenu disponible réel des ménages a reculé de 0,8 %.


La consommation poursuit sa récupération, mais celle-ci continue d’être inégale. En octobre, la croissance a surtout été portée par le secteur des services, qui affiche d’ailleurs encore un retard (-6,8 % par rapport à février) comparativement aux biens (+8,4 % par rapport à février). La hausse de la consommation en octobre s’est effectuée alors que le revenu disponible a diminué avec la baisse de certaines prestations fédérales d’aide. La hausse des dépenses des ménages s’est donc faite au détriment de l’épargne. Le taux d’épargne est ainsi passé de 14,6 % en septembre à 13,6 % en octobre. C’est un peu moins du double du taux qui existait avant la pandémie (7,6 % en janvier), mais bien en dessous du sommet de 33,7 % atteint en avril.
Des facteurs divergents vont influencer la consommation des ménages en cette période des Fêtes qui commence maintenant. D’un côté, la nouvelle vague de COVID-19 entraîne l’imposition de nouvelles mesures sanitaires restrictives dans certains États et localités. Ces mesures pourraient freiner la récupération des dépenses en services.
On observe aussi une diminution des principaux indices de confiance des ménages en novembre. Les limites volontaires ou imposées aux déplacements ou aux regroupements pourraient changer le type de dépenses à la Thanksgiving et à Noël, en plus de bouleverser les facteurs saisonniers. De plus, comme on a vu en octobre, le revenu des ménages continuera de souffrir de la fin des programmes d’aide instaurés plus tôt cette année par le gouvernement fédéral. D’un autre côté, on s’attend à ce que l’emploi progresse encore aux États-Unis au cours des prochains mois, bien que la hausse récente des demandes d’assurance-chômage mette un sérieux bémol sur l’ampleur des prochains gains du marché du travail. Autre facteur positif : le taux d’épargne des ménages reste très élevé, signifiant que dans l’ensemble, les consommateurs peuvent poursuivre leurs dépenses, malgré des contraintes aux revenus. Finalement, la bonne tenue du marché immobilier résidentiel, comme on le voit avec le niveau élevé des ventes de maisons, reflète la faiblesse des taux d’intérêt, qui favorise aussi la consommation. Les achats de maison sont aussi des catalyseurs pour certains types de dépenses.

Implications

La consommation des ménages a poursuivi sa récupération en octobre. La tendance positive pourrait toutefois s’essouffler alors que plusieurs facteurs, y compris la vague de cas de COVID-19, risquent de freiner les dépenses des ménages sur l’ensemble de la période des Fêtes. L’économie américaine profite encore du soutien de la Réserve fédérale, mais il faudrait aussi que le gouvernement fédéral puisse parvenir à une entente afin de limiter les conséquences négatives de la fin de certains programmes d’aide.

Rédigé par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins, le 25/11/2020 modifié le 25/11/2020 - 19:09


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