Conjoncture



États-Unis : l’ISM non manufacturier chute à son tour


L’indice ISM non manufacturier a diminué en avril pour passer de 52,5 en mars à 41,8, soit son plus bas niveau depuis mars 2009. Ce niveau est bien en deçà du seul compatible avec une récession aux États-Unis, soit 48,5 selon l’Institute for Supply Management.


L’indice ISM non manufacturier est finalement tombé sous la barre de 50
L’indice ISM non manufacturier est finalement tombé sous la barre de 50
Ce n’est pas tant la diminution de l’ISM non manufacturier publiée aujourd’hui qui est étonnante (le résultat est même au-dessus de la prévision consensuelle), mais plutôt sa résilience lors des mois précédents. Il est clair que la crise de la COVID-19 fait particulièrement mal au secteur des services alors que le niveau de 52,5 obtenu en mars ne reflétait pas cette situation.
La chute d’avril, la pire baisse mensuelle depuis que l’indice a commencé à être publié en 1997, représente mieux les circonstances actuelles.
À l’instar de l’ISM manufacturier, l’indice non manufacturier a été appuyé par sa composante liée aux délais de livraison, qui représente un quart du calcul de l’indice total (contrairement à un cinquième pour l’ISM manufacturier). La hausse de 23,1 points de cette composante depuis janvier n’est pourtant pas causée par une trop forte demande qui nuirait à la performance des fournisseurs, mais plutôt par l’arrêt ou le ralentissement de l’activité à cause des mesures sanitaires. Sans la hausse de la composante liée aux délais de livraison (en prenant en compte seulement les composantes liées à la production actuelle, aux nouvelles commandes et à l’emploi), l’indice ISM non manufacturier se situerait à seulement 29,6, bien en dessous des creux de 2008-2009.

La baisse de l’ISM manufacturier le fait passer sous la barre de 50 pour la première fois depuis décembre 2009. Cette chute et celle de l’ISM manufacturier suggèrent une contraction prononcée du PIB réel. En fait, vu la situation actuelle, la baisse de la production pourrait être plus profonde que ce que laissent présager les ISM.

Rédigé par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins, le 05/05/2020 | Lu 317 fois modifié le 05/05/2020 - 18:08

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