Conjoncture


Entre inquiétudes et confiance

Pas de resserrement monétaire aux Etats-Unis. La Fed a décidé de maintenir le statu quo sur son taux directeur. La banque centrale a ainsi confirmé le ralentissement de l’activité pour les années à venir et un potentiel de croissance modéré autour de 2 %.
Elle révise à la baisse ses perspectives de relèvement des taux directeurs et avalise que l’inflation restera modérée, au-dessous de 2 % à terme, avec un chemin lent pour atteindre cette « cible ». Elle réaffirme donc que sa seule obsession est que les plus vulnérables trouvent un emploi, quoi qu’en dise le taux de chômage qui est descendu à 5,1 %. L’autre message de Janette Yellen est que la croissance mondiale va ralentir. La Fed tient le leadership d’une poursuite des politiques monétaires accommodantes. Il faut sans doute s’attendre à un renforcement en Europe et en Asie. Ce qui signifie que les risques sur les perspectives doivent être pris en compte par les investisseurs, mais que les dégradations seront atténuées, tant que les Banques centrales conserveront leur crédibilité et que les inquiétudes resteront modérées quant à la hausse de la taille de leurs bilans et de l’endettement public ou privé mondial. La principale conclusion de ce nouvel environnement c’est que la diversification reprend ses droits.


Monde

Macroéconomie :

• La croissance économique mondiale en 2015 augmentera à un rythme de progression modeste. Selon les prévisions elle devrait atteindre 3 % cette année. Des risques de baisse ne sont pas à écarter en raison du ralentissement économique des pays émergents. 
• Une chute brutale de l’économie n’est pas le scénario principal même si il faut surveiller l’évolution du commerce mondial qui fléchit actuellement et la confiance des agents économiques.
• Le statu quo de la Fed sur le niveau de son taux directeur, conforte la poursuite des politiques monétaires accommodantes. Certaines banques centrales pourraient même renforcer leur soutien à l’économie (BCE, BoJ, Chine).
• Les taux longs sont remontés à des niveaux plus cohérents avec la réalité économique. Une part importante de la hausse a déjà été réalisée. Le crédit notamment high yield présente à nouveau une prime attractive.

Conclusion opérationnelle :
• Nous restons stratégiquement confiants à moyen terme. Les inquiétudes légitimes des investisseurs sur l’activité mondiale sont désormais en partie intégrées dans les cours. 
• Tactiquement, nous avons réduit les expositions des portefeuilles en réponse à la hausse de la volatilité. Nous restons réactifs actuellement afin d’optimiser les points d’entrée pour réinvestir. 
• La sensibilité des portefeuilles est faible afin de prendre en compte le mouvement de normalisation monétaire. Nous attendons la décision de la Fed pour envisager de réinvestir dans le crédit (haut rendement et subordonnées).
• Les actions restent une classe d’actifs à privilégier, tout en sachant que de brusques mouvements de rotation sont à prévoir car les primes de risque doivent se stabiliser.

Europe

Macroéconomie :

• La reprise se renforce. La distribution de crédit redémarre selon les derniers indicateurs de la BCE.
• La Grèce ne représente plus un risque majeur à court terme.
• La croissance de l’activité est endogène alors que les risques sont aujourd’hui exogènes. 
• Mais l’investissement reste en suspens en particulier le plan de relance de Jean-Claude Juncker qui semble difficile à mettre en place à un an des élections en France et en Allemagne.
• Les résultats des entreprises confirment l’amélioration. Toutefois la dynamique à très court terme révèle une tendance moins favorable.

Conclusions opérationnelles :
• Sur les actions, nous sommes positifs stratégiquement. Nous gérons tactiquement notre exposition en fonction du risque à court terme. Nous privilégions les banques, les pays périphériques, les petites entreprises, les secteurs domestiques.
• Les obligations à haut rendement et les obligations financières offrent des taux de portage intéressants. 
• Avec la baisse récente des prix, les obligations périphériques ont retrouvé de l’intérêt en relatif. 
• Les obligations souveraines des pays core et les obligations des entreprises « Investment Grade » présentent moins d’intérêt sauf pour leur caractère protecteur.

Etats-Unis

Macroéconomie :

• La Fed a décidé de ne pas procéder à un resserrement de sa politique monétaire. L’interrogation porte désormais sur le calendrier de la hausse des taux ainsi que sur la trajectoire et la cible du cycle, qui ont été abaissés par le FMOC.
• Le rythme de la croissance en 2015 se situe dans une fourchette de 2 à 2,5 %.
• Le consommateur américain est le principal contributeur à la hausse du PIB qui s’est inscrit dans une dynamique positive au 2ème trimestre.
• Toutefois les résultats des entreprises hors énergie sont faibles. Malgré la baisse déjà enregistrée, la valorisation ne constitue pas encore un catalyseur suffisant à la hausse.

Conclusion opérationnelle :

• Nous sommes neutres sur les actions US. Mais il existe des opportunités dans les secteurs sensibles à des taux bas comme les petites entreprises ou les promoteurs immobiliers. Le strategy picking prend encore plus d’intérêt sur les choix d’investissement.
• Les obligations à haut rendement redeviennent attractives à moyen terme grâce à un rendement plus élevé. 
• Les obligations souveraines et d’entreprises « Investment Grade » restent vulnérables à la normalisation de la politique monétaire.
• Nous sommes pour le moment devenus neutres sur une appréciation du dollar en raison du maintien du taux directeur de la Fed et de la nécessaire stabilisation des émergents.

Rédigé par Conviction Asset Management le 23/09/2015 | Lu 640 fois

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