Conjoncture


Donald Trump, 45e président des États-Unis

Avec une victoire qui a fait mentir la grande majorité des sondages et des prévisions, Donald Trump a été élu président des États‑Unis. La concrétisation de la victoire, plus populiste que républicaine, fait en sorte que les investisseurs doivent s’ajuster à cette nouvelle réalité.


Lorsque Donald Trump prendra place dans le bureau ovale de la Maison‑Blanche le 20 janvier, que devrait amener le président Trump ? Son programme met beaucoup d’accent sur une relance de l’économie américaine par le biais de baisses drastiques des impôts des particuliers et des entreprises, par des investissements en infrastructures, par une réduction de la réglementation et par la renégociation des accords commerciaux. Le Congrès, qui est demeuré à majorité républicaine au Sénat comme à la Chambre des représentants, ne devrait pas trop freiner cet agenda. Mais le pouvoir de la minorité démocrate au Sénat de faire de l’obstruction procédurale pourrait causer certaines difficultés. Sans compter certains républicains qui sont plus libre-échangistes ou qui prônent la prudence budgétaire.

​Le programme de M. Trump pourrait amener une contribution positive à l’économie américaine à court terme. Toutefois, le coût budgétaire des mesures proposées (qui impliquent avec des hypothèses réalistes un gonflement de la dette et des déficits) constitue un risque à plus long terme.
Les propositions sur les restrictions à l’immigration devraient affecter négativement l’offre de travail, ce qui pourrait ralentir la croissance du PIB potentiel. Enfin, et c’est le principal risque, le durcissement des relations internationales, notamment en ce qui a trait aux accords commerciaux, pourrait miner la croissance.

Implications

L’élection de M. Trump est une surprise importante que les marchés doivent maintenant prendre en compte. Les dirigeants de la Réserve fédérale devront aussi s’ajuster. Jusqu’à hier, les probabilités d’une hausse des taux directeurs à la réunion du 14 décembre étaient très élevées. Elles ont quelque peu baissé, reflétant l’instabilité observée sur les marchés et l’incertitude accrue pour l’économie américaine. Il faudra aussi ajuster les scénarios économiques. Il semble toutefois trop tôt pour escompter une éventuelle abrogation des accords commerciaux, incluant l’ALÉNA. Donc, pour le moment, les effets appréhendés sur les économies américaine, canadienne et québécoise devraient être modérés. Mais, rappelons-le, l’incertitude et les risques ont pris beaucoup d’ampleur.

Rédigé par Francis Généreux, Économiste principal chez Desjardins Études économiques, le 10/11/2016 | Lu 303 fois

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