Conjoncture



BCE : Pas de baisse de taux, mais des mesures pour éviter une crise de liquidité



Après la Réserve fédérale et la Banque du Canada la semaine dernière, puis la Banque d’Angleterre hier, ce fut au tour de la BCE d’annoncer des mesures pour répondre aux turbulences liées à la pandémie du coronavirus. Contrairement à ce qui a été annoncé ailleurs, la BCE a choisi de ne pas réduire ses taux d’intérêt directeurs. Elle a cependant annoncé une série de mesures qui devraient aider le système financier de la zone euro. En effet, les institutions financières pourront bénéficier d’un financement accru de la BCE et à des conditions plus avantageuses. Elles auront également moins de pression à atteindre leurs cibles réglementaires en matière de capital et de liquidités. Les achats d’actifs supplémentaires ciblant davantage les obligations du secteur privé devraient aider à contenir l’augmentation récente des écarts de crédit, et par ricochet, à aider les entreprises à se financer.
L’absence de baisse de taux d’intérêt est probablement aussi le résultat d’une marge de manœuvre nettement plus faible comparativement à d’autres banques centrales. Une politique de taux d’intérêt négatifs est appliquée en zone euro depuis maintenant presque six ans.
Plusieurs experts se questionnent sur l’efficacité de maintenir des taux aussi faibles sur une aussi longue période. Il n’est pas simple de donner une estimation précise de la limite inférieure des taux directeurs d’une banque centrale, mais on ne semble être plus très loin de cette limite en zone euro.

Certains pourraient être déçus que la BCE n’ait pas annoncé une baisse de taux d’intérêt aujourd’hui. Cependant, les mesures prises devraient tout de même aider le système financier européen et réduire le risque d’une crise de liquidité qui pourrait
grandement détériorer la situation économique. La porte reste ouverte à d’autres interventions. Si la crise actuelle s’amplifie, la BCE pourrait accroître ses achats d’actifs. Des baisses de taux d’intérêt demeurent possibles, même si elles seront sans doute limitées en raison de la faible marge de manœuvre disponible.

Rédigé par Hendrix Vachon, économiste principal chez Desjardins, le 12/03/2020 | Lu 601 fois modifié le 12/03/2020 - 17:50

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