Conjoncture

Aux États-Unis, l’emploi déçoit à nouveau en septembre



L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu seulement 194 000 embauches nettes en septembre, après des gains de 366 000 emplois en août (révisé de 235 000) et de 1 091 000 en juillet (révisé de 1 053 000).


Ce sont deux déceptions mensuelles successives que procurent maintenant les résultats de l’emploi, bien que celle du mois d’août soit un peu mitigée par la révision haussière de +131  000  emplois. Il demeure néanmoins que la moyenne des deux derniers mois (280 000 embauches) représente à peine plus du quart de celle des deux mois précédents (1 026 500).
Cet essoufflement est d’autant plus inquiétant que le manque à gagner du marché du travail avec la situation prépandémique est encore important ;
il manque 4  970  000  emplois pour revenir au niveau de février  2020. Si les embauches restaient constamment à  194 000, il faudrait patienter à la toute fin de  2023 pour combler l’écart.

Il est difficile de blâmer la vague de COVID‑19 liée au variant Delta pour la contre‑performance de l’emploi en septembre. On observe notamment des gains dans la restauration, dans les loisirs et chez les détaillants ainsi que des pertes dans les 2022 épiceries. En fait, les difficultés sont plutôt généralisées. Cela dit, le secteur de l’éducation (privé ainsi qu’États et localités) a subi 177 900  pertes d’emplois seulement en septembre. La situation est d’autant plus décevante que l’on pouvait espérer un retour au travail des nombreux bénéficiaires qui ont perdu leur prestation d’assurance‑chômage après la fin du financement fédéral des programmes spéciaux liés à la pandémie. L’enquête auprès des ménages ne montre aucunement cet effet dans les résultats de septembre et le taux de participation a de nouveau diminué.

Implications

On ne peut qu’être déçu de la performance récente du marché du travail. Même mitigée par des facteurs comme la baisse du taux de chômage ou la hausse des salaires, cette déception risque d’être remarquée par les dirigeants de la Réserve  fédérale. On prévoit encore une baisse de leurs achats de titres d’ici la fin de l’année, mais la décision sera peut‑être plus difficile à prendre.

Rédigé par Francis Généreux, économiste principal chez Desjardins, le 08/10/2021 modifié le 08/10/2021 - 16:51


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