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Appréhender la volatilité

Mathématiquement, la volatilité se définit comme la variance d'un titre par rapport à son cours moyen. La volatilité mesure donc l'ampleur des variations du cours d'un actif financier. C’est l’indicateur du risque par excellence. Plus la volatilité d’un titre est importante, plus l'espérance de gain est importante… plus le risque de perte aussi. A l’inverse, un titre peu volatile offre donc peu d’opportunité de gain. Posséder un tel actif immobilise inutilement du capital.


La volatilité s’observe aussi bien à court terme qu’à moyen et long terme. Les variation intraday comme les grands cycles boursiers peuvent être considérés indiscutablement comme de la volatilité. Dans les faits, nous rencontrons plus volontiers des volatilités dites annualisées, c’est à dire des écarts de rendements historiques observés quotidiennement et ramenés à 250 jours boursier. La volatilité est l’outil central de la gestion de portefeuille et fait partie intégrante du processus d’allocation. Elle permet de mesurer le degré de dépendance d'un titre par rapport aux fluctuations du marché (coefficient bêta) et permet, selon la théorie de Markowitz, d’obtenir une « diversification efficiente » d’un portefeuille d'actifs financier.

L'indice S&P 500 et son indice de volatilité (VIX)
L'indice S&P 500 et son indice de volatilité (VIX)
Basée sur l'écart type des variations historiques de rentabilité, l’approximation du risque telle qu’évoquée précédemment est discutable tant elle suppose que l'évolution future d’un actif sera peu éloignée de son évolution passée. Autre problème, cette approximation se base sur le fait que le prix d’un actif suit un mouvement brownien géométrique. Alors existe-t-il une autre méthode pour approximer la volatilité ? La volatilité est au cœur du modèle de Black-Scholes calculant la valeur théorique d'une option européenne (et plus largement de contrats financiers dérivés). En effet, dans le modèle de Black et Scholes, le prix d'une option ne dépend que de la volatilité du sous-jacent, et non de son rendement moyen. En inversant la formule, il est possible de déterminer une volatilité implicite d’un actif, celle qui correspond aux anticipations du marché.
C’est ce que mesure l'indice VIX (Chicago Board Options Exchange Volatility Index) à partir des prix des options sur l'indice américain des actions S&P 500. Plus sa valeur est élevée, plus les acteurs sont nerveux et donc pessimistes. A l’inverse, une faible valeur indique un retour à l’optimisme. En pratique, la variation est plus importante que la valeur elle-même. S'il croît, il indique un pessimisme croissant, s'il décroît, c'est l'inverse.


Trading et volatilité

Si vous êtes un chasseur de tendance - voir l’article Approches et limites du Swing Trader  -, l’identification du niveau de volatilité constituera une étape essentielle dans l’élaboration de votre stratégie de trading pour gérer votre risque et adapter votre niveau de stoploss (niveau de perte). La bonne pratique consiste en l’intégration d’une volatilité anticipée et non historique. L’indice VIX est de ce point de vue un bon candidat. Outre l’estimation de la volatilité, il vous permet de mesurer le pouls des investisseurs. Pour les plus techniciens d’entre vous, d’autres stratégies peuvent être envisagées. Un straddle (stellage) utilise deux options ou plus de type différent (un call ou option d’achat et un put ou option de vente) ayant un prix d'exercice et une date d’échéance identiques. Aussi, si vous anticipez une forte variation du cours du sous-jacent sans en connaitre le sens (hausse de la volatilité implicite), il vous faudra acheter un straddle. A l’inverse si vous anticipez une convergence du cours du sous-jacent, il vous faudra vendre. Ainsi, vous serez « acheteur » ou « vendeur » de volatilité. Autre stratégie, l’arbitrage. Le principe est simple. Il s’agit de capter l’écart de volatilité entre deux titres d’un même émetteur. La mise en œuvre est plus délicate. Deux moyens d’y parvenir cependant : arbitrer entre un actif, une action par exemple, et son option cotée, ou une action et sa convertible. On tire ainsi parti d’une situation anormale entre les fondamentaux d’un titre et de sa volatilité implicite.

Quel que soit votre profil d’investisseur ou votre stratégie, conservez toujours un œil sur le VIX. « L'indice de la peur » n'est peut être pas le meilleur indicateur lorsqu'il s'agit de prévoir une crise boursière mais doit figurer en bonne place au sein de votre dispositif d’analyse.

Rédigé par Julien Lemaitre, Recherche & Développement chez Cobalt Alternative Investment, le 01/12/2017 | Lu 180 fois

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