Journee sous haute tension

 epitou
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Vendredi 21 Octobre 2011

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Introduction

« Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça. » (Coluche)

Je me permets cette petite note d’humour pour aborder le sujet des crises, non pas comme le ferai notre regretté Coluche, mais en essayant de prendre un peu de recul. Cela fait des mois, que ce mot est prononcé par les analystes, les politiques, les médias,… « le pilier de bar au bistrot du coin ». Si j’avais gagné un « pip » à chaque fois qu’il a été prononcé, ma perf annuelle de 2012 aurait déjà été bouclée.

Plus sérieusement, j’aimerai faire un bref rappel historique sur les crises passées, histoire d’élargir notre horizon (de placement) et ne pas focaliser sur la bad news de demain…

L’Argentine en 2001, la Russie en 1998, l’Asie en 1997, le Mexique en 1995 et toute l’Europe en 1992 et 1993 : les crises secouent régulièrement des pays rendus vulnérables par les déséquilibres économiques. Le Fonds Monétaire International en a recensé presque 160 dans le monde entre 1970 et 2002, plus de cinq par an. A chaque elles sont perçues comme une véritable catastrophe pour la croissance. La crainte est la même quand survient un krach boursier.

Mais il s’avère que les dégâts sont souvent plus limités qu’on ne le croit. Selon les experts du FMI, les pays mettent en moyenne un an et demi pour retrouver le rythme de croissance qui prévalait avant un crise, ce qui représente une perte de 4.5% environ de leur PIB. Sachant que le coût est toutefois plus important pour les pays émergents que pour les pays développés (presque 5% contre un peu plus de 3%). On peut de la même manière relativiser l’onde de choc provoquée par les secousses boursières, qu’il s’agisse du krach d’octobre 1987, ou du dégonflement de la bulle internet.

Un danger bien plus grave pour la croissance qu’une crise économique ou boursière est une chute du marché immobilier. D’abord parce que le patrimoine immobilier est beaucoup mieux réparti que les portefeuilles actions. On entend souvent dire que la moitié des ménages américains possèdent des actions. Mais en fait seuls les plus riches risquent vraiment gros. Les deux tiers des foyers actionnaires ont des portefeuilles boursiers d’une valeur guère supérieure à 10 000 euros. Quant aux ménages européens, ils ne sont guère plus de 20% à détenir des actions. En revanche, de part et d’autre de l’Atlantique, quasiment les deux tiers des familles sont propriétaires de leur résidence principale, et celle-ci vaut environ trois à quatre années de revenus du foyer. Une chute des prix de l’immobilier fait beaucoup plus de ravages sur la solvabilité des emprunteurs et des banques qu’un krach boursier. Une crise immobilière entraine une baisse de la consommation des ménages et les banques, confrontées aux créances douteuses, réduisent le niveau de crédit.

Selon les économiste du FMI, une crise immobilière doublée d’une crise bancaire, coûte près de 13% de croissance aux pays développés qui ne redémarrent, dans le meilleur des cas, qu’au bout de quatre à cinq ans, et plus de 8% aux pays émergent, qui repartent au mieux au bout de deux ans. (Source Expansion : « 101 Idées reçues sur l’économie »)

Rappelons, à cet effet, que les subprimes ne sont que le véhicule permettant de mutualiser, à l’échelle internationale, la crise immobilière que connaît, actuellement, les Etats-Unis. L’immobilier, gros pourvoyeur d’emploi, à créé 6mios de chômeurs.

Ce qui explique, que dans mes lettres, j’accorde de l’importance aux indicateurs immobiliers en provenance des US. Mercredi dernier, les marchés US ont été soutenus par de bons indicateurs sur le front de l’immobilier.



Cela dit, semaine continue d’être chahutée, et risque d’être encore tendue. Le prochain Conseil Européen, le 23 octobre prochain, est attendu avec beaucoup d’impatience, au final. Le couple Franco-Allemand devrait présenter leurs propositions pour stabiliser la zone euro. A ce titre, le Vix continue sa progression (+0.987%) à $34.78, alors que le marché obligataire profite de ce regain d’inquiétude.

Entre temps, inscrivez sur vos agendas les rendez vous suivants :

Dimanche 23, Conseil Européen. Et surtout, jeudi 27, les Etats-Unis annoncent leur PIB pour le 3ième trimestre.

Mais pour aujourd’hui, seule la zone euro diffusera des chiffres macro-économiques. Il faudra suivre, à 10H30 l’indice du climat des affaires Ifo (en baisse depuis juin), et l’enquête de conjoncture dans l’industrie française à 08H45 (se dégrade depuis avril dernier).

A suivre, évidemment, les publications des entreprises, qui restent un des grands indicateurs sur l’évolution de l’économie, avec notamment, ceux de Général Electric, Verizon, pour les Etats-Unis, et Essilor pour Paris…



Conclusion

Le CAC40 abandonne clairement l’objectif des 3 160 pts. L’Etoile du soir est confirmée avec un niveau de clôture, hier, distancé de l’Etoile de 2.3%. Le niveau des volumes largement supérieurs a ceux de mercredi, accentue le message de retournent de tendance.

La tendance de fond macro-économique, et les « news-flows » sont toujours favorables aux vendeurs. Ces derniers ont augmenté la pression en fin de journée entrainant le CAC40 en clôture, tout juste sous notre prochain support correspondant aux 3 085 pts.

La probabilité d’un rebond sur ce repère reste importante. En effet, le CAC40 avait buté sur ce niveau le 16 sept dernier sur d’importants volumes (5.8 Mds d’euros).

Dans le cas contraire, la moyenne mobile 50 jours (MM50), correspondant à 3 064 pt devra être surveillée de près, car pourrait augmenter la probabilité d’une correction sans, toutefois, éliminer un rebond sur les 3 050 pts.

A 3 050 pts (23% de la chute de cet été), le risque que le marché fasse une narcose à l’azote (ivresse des profondeurs) est important avec pour objectif le comblement du gap (à 2 976 pt) du 6 octobre dernier. Ce qui correspondrait à une baisse de 190 pts. Pour infos, la volatilité jour de l’indice, depuis 2000, tourne autour de 125 pts.



Après trois semaines de hausse (+13.88%), portée par l’optimisme d’une résolution rapide de la crise européenne, le dur retour aux réalités, nous fera t il faire le chemin inverse ? La semaine semble partie pour finir sur une note négative supérieure à 4% (nous en sommes à -4.16%)

Les marchés ont connu une profonde nervosité à l’approche du sommet européen, dont la rumeur de report n’a fait qu’accentuée la fébrilité.



Il faudra intégrer dans son trading, aujourd’hui, à 10H30 l’indice du climat des affaires Ifo (en baisse depuis juin), et l’enquête de conjoncture dans l’industrie française à 08H45 (se dégrade depuis avril dernier). Il n’y aura pas de chiffres macro pour les Etats-Unis, en cette fin de semaine. A priori, ces indicateurs devraient être relégués au second plan, tant le sommet européen est dans toutes les têtes. Le monde retiendra son souffle, aujourd’hui.



Ce matin, 08H00, les indicateurs de début de journée sont meilleurs qu’hier. L’Asie est stable dans l’attente du sommet européen ce week-end, et les futures CAC40 et DOW, sont en légère baisse. Comment vont réagir les marchés au report à mercredi de cette réponse « globale et ambitieuse' à la crise de la zone euro. La moindre rumeur pourrait provoquer un faux départ, tant la tension est palpable. Sans « news flows » particulière, la journée devrait évoluée dans un « trading range » assez étroite.

Lire la suite : http://www.feel-the-market.com/analyse-quotidienne

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