Conjoncture


Une hausse justifiée des taux obligataires après la victoire de Donald Trump


Partout sur la planète, les taux obligataires ont fortement avancé à la suite de la victoire surprise de Donald Trump lors de l’élection présidentielle américaine. Le taux des obligations fédérales américaines de 10 ans est ainsi passé en l’espace de quelques jours de 1,85 % à environ 2,25 %, son plus haut niveau depuis janvier dernier. Cette hausse reflète en partie un certain optimisme qui a aussi favorisé les marchés boursiers alors que les baisses d’impôts et les dépenses en infrastructures promises par le président élu pourraient se traduire par une accélération de la croissance économique américaine.

L’augmentation récente des taux obligataires semble toutefois s’expliquer surtout par une augmentation des anticipations d’inflation des investisseurs. Les attentes d’inflation à moyen terme dérivées des obligations américaines protégées contre l’inflation ont bondi depuis l’élection pour atteindre leur plus haut niveau depuis l’été 2015. Il faut dire qu’en plus de privilégier des mesures agressives pour stimuler l’économie, Donald Trump désire imposer des tarifs importants sur les biens importés de la Chine et du Mexique, ce qui se traduirait par des prix plus élevés aux États-Unis. La forte dégradation des finances publiques américaines que laissent entrevoir les promesses du président élu justifie aussi une hausse des taux obligataires.
Même si l’élection de Donald Trump soulève plusieurs incertitudes, les perspectives d’inflation plus élevées devraient convaincre la Réserve fédérale d’augmenter ses taux directeurs en décembre et à quelques reprises l’an prochain.

Implications

L’élection de Donald Trump semble confirmer que la longue tendance baissière des taux obligataires est maintenant terminée. Déjà, la faiblesse extrême des taux était de plus en plus difficile à justifier et une légère tendance haussière était observée depuis la fin de l’été. Dans ce contexte, l’élection américaine peut être vue comme un choc positif sur l’inflation qui justifie une normalisation plus rapide du marché obligataire. La grande question est maintenant de savoir à quelle vitesse et jusqu’à quel niveau remonteront les taux d’intérêt. Il faudra aussi voir comment les autres banques centrales s’ajusteront à ce nouveau contexte.

Rédigé par Mathieu d’Anjou, CFA, Économiste principal chez Desjardins, le 16/11/2016 | Lu 483 fois

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