Conjoncture


Pétrole : des perspectives un peu moins favorables


Le Oil Market Report du mois d’août, publié vendredi dernier par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), contenait une mauvaise nouvelle pour ceux qui misent sur une forte augmentation des cours pétroliers. Si les perspectives de croissance de l’offre et de la demande mondiales de pétrole ont peu changé, le niveau de la demande de pétrole depuis 2015 a été revu significativement à la baisse. En effet, de nouvelles estimations montrent une demande moins élevée dans plusieurs pays émergents, notamment la Chine. Alors que les anciennes prévisions de l’AIE signalaient l’apparition prochaine d’un déficit notable sur le marché du pétrole, en supposant une production stable de la part de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), les perspectives révisées laissent maintenant entrevoir un marché quasi équilibré en 2018. Dans ce contexte, les stocks mondiaux de brut risquent de demeurer très élevés, limitant les pressions haussières sur les prix.


Il faut toutefois noter que les perspectives de l’AIE supposent que la production américaine de brut continuera d’augmenter très rapidement au cours des prochains trimestres. La chute des prix du pétrole WTI (West Texas Intermediate) à moins de 45 $ US le baril à la fin du printemps a toutefois entraîné un plafonnement du nombre de foreuses en activité. Cette modération de l’investissement pourrait annoncer un ralentissement à venir de la production américain de brut, surtout si les prix redescendaient significativement en dessous de 50 $ US le baril.

Implication

​La révision à la baisse de la demande mondiale laisse entrevoir que le prix du pétrole WTI pourrait rester assez près du niveau de 50 $ US le baril au cours des prochains trimestres.
L’appréciation anticipée du dollar américain au cours des prochains trimestres pourrait aussi limiter les gains du brut. Nos cibles de fin d’année sont ainsi légèrement abaissées à respectivement 52 $ US et 55 $ US le baril pour 2017 et 2018. Il faudra toutefois continuer de surveiller de près la production américaine.

Rédigé par Mathieu d’Anjou, CFA, économiste principal chez Desjardins, le 16/08/2017 | Lu 481 fois

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