Bourse

Les banques centrales sont responsables de la faible volatilité sur les marchés


L'indice de volatilité implicite du S&P 500 demeure inférieur à la moyenne de long terme (Sources : Bloomberg et Desjardins, Études économiques)
L'indice de volatilité implicite du S&P 500 demeure inférieur à la moyenne de long terme (Sources : Bloomberg et Desjardins, Études économiques)
L’année 2016 tirera bientôt à sa fin; une année qui fut bien mouvementée. Elle a débuté sur une déroute des marchés financiers, dans un contexte de préoccupations profondes sur la santé des banques européennes. Puis, elle a été ponctuée par une décision surprise des Britanniques de cesser leur appartenance à l’Union européenne. Plus récemment, elle a mis en vitrine l’une des campagnes présidentielles les plus bizarres dans l’histoire américaine récente. Les choses auraient pu basculer davantage sur les marchés financiers. Le S&P 500 est en voie d’afficher un huitième rendement annuel positfif consécutif. Les obligations ont également réussi à offrir des rendements positifs, la plupart des banques centrales des pays avancés assouplissant leur politique monétaire à un moment où à un autre durant l’année. À cet égard, l’une des conséquences est la remarquable faiblesse de la volatilité. Il y a certes eu des mouvements de panique, entre autres, au début de l’année et immédiatement après le Brexit, mais ils ont été assez brefs. En dehors de ces deux événements, les marchés ont été particulièrement calmes.

De là à en déduire que les investisseurs sont confiants et optimistes, il ne faudrait toutefois pas exagérer. Le mois dernier, la Réserve fédérale a demandé aux principales firmes de courtage en valeurs mobilières à quoi elles attribuaient la faible volatilité. De loin, les politiques agressives déployées par les banques centrales ont été pointées du doigt comme étant les principaux facteurs derrière ces conditions de marché. En revanche, une minorité a mentionné que la situation avait à voir avec une baisse des inquiétudes sur les perspectives économiques, ou encore avec le contexte politique.

Implications

En renforçant l’idée qu’elles tenteraient de pallier la plupart des chocs, les banques centrales semblent avoir un effet sédatif sur les marchés. En conséquence, les signaux offerts par certains indicateurs sont moins représentatifs du véritable sentiment de marché. Il suffirait de biais moins interventionnistes des banques centrales, en particulier celles du Japon et de la zone euro, pour orchestrer un changement de régime en ce qui a trait à la volatilité. Les banques centrales sont bien sûr conscientes du potentiel de perturbation, ce qui explique pourquoi tout ajustement en ce sens sera effectué avec prudence le temps venu.

Rédigé par Jimmy Jean, CFA, Économiste principal chez Desjardins, Études économiques, le Lundi 24 Octobre 2016