Bourse

La volatilité, un outil de base


D’entrée de jeu, ce concept, pourtant usuel dans la gestion d’actifs, semble complexe à décrypter. Il faut reconnaître que les outils quantitatifs de mesure du risque sont un peu rébarbatifs et peuvent sembler abstraits. Nous allons néanmoins nous attacher au décryptage de cette notion.
Qu’est ce qui n’est pas risqué ? Réponse facile, le livret A. Pourquoi n’est ce pas risqué ? Réponse encore facile : parce que le rendement du livret A ne bouge pas, ou du moins presque pas. Du coup, et a contrario, on entrevoit tout de suite un début de concept de risque qui consiste à dire qu’un actif est risqué si son rendement varie dans le temps. Il semble aussi logique de dire qu’un actif est d’autant plus risqué que son rendement varie beaucoup dans le temps, c'est-à-dire que son rendement est volatil, c’est-à-dire variable. La variabilité du rendement est donc un indicateur de risque. C’est ce que l’on appelle la volatilité. Mathématiquement, on utilise le concept d’écart-type du rendement, c'est-à-dire la mesure de l’écart moyen que l’on mesure entre la moyenne du rendement et le rendement effectivement observé. Trois exemples type peuvent illustrer ce propos :

  • Exemple 1 - Placements monétaires. Le rendement est presque constant, et donc l’écart-type est très faible : le rendement étant presque constant, il est donc toujours proche de sa moyenne. Dans ce cas, la volatilité est donc quasi nulle.
  • Exemple 2 - Rendement moyen : 3% par an et écart-type 5%. Cela signifie que les bonnes années, le rendement peut être de l’ordre de 3+5=8%, et les mauvaises années 3-5=-2%. Dans ce cas, la volatilité va être de 5%. Autrement dit, dans un cas sur trois, le rendement sortira d’une fourchette de rendement moyen plus ou moins un écart-type, soit une fourchette -2 % +8 % (3 – 5 = - 2%, 3 + 5 = 8 %). C’est le cas par exemple pour les obligations d’état à cinq ans, du moins pour les états jugés solides.
  • Exemple 3 - Rendement moyen : 5 % par an et écart-type 18%. Donc les bonnes années, on peut espérer 5 +18 = 23%, et les mauvaises, l’addition va être « salée » : 5-18= -13%. Dans ce cas, la volatilité va être de 16%. Comme précédemment, on aura une chance sur trois de sortir d’une fourchette - 13% + 23% (5-18 , 5+18). Ce type de volatilité s’observe sur les marchés actions des grands pays industrialisés. 

La volatilité est donc un outil fondamental pour mesurer le risque, même s'il souffre de nombreux défauts qui en limitent l’utilisation.

Extrait de l'article « Quels sont les outils de mesure de la gestion du risque ? », Action Future N°35
Distribution du rendement monétaire (cliquez pour agrandir) - Source : Action Future N°35
Distribution du rendement monétaire (cliquez pour agrandir) - Source : Action Future N°35

Rédigé par Thaddée Tyl, Président de Rivoli Fund Management, le Vendredi 12 Novembre 2010








Ouvrage recommandé
Secrets pour gagner en Bourse à la hausse et à la baisse - Stan Weinstein

Secrets pour gagner en Bourse à la hausse et à la baisse - Stan Weinstein

 34,00 € 
   32,30 €
Ne vous fiez pas au titre racoleur de cet ouvrage car il s'agit sans doute du livre le plus apprécié des lecteurs qui désirent investir en Bourse. Il présente une approche d'investissement claire, simple et didactique, basée sur la "Force relative", une notion qui compare une action à un indice boursier de référence...