Bourse

La place pour un petit rallye de fin d'année

La déception causée par les annonces de la BCE sera temporaire. Il faut en profiter. Le relèvement des perspectives de croissance en Europe et la stabilisation en Chine auront un effet positif.


Vincent GUENZI, Directeur de la Stratégie d’Investissement chez Cholet Dupont
Vincent GUENZI, Directeur de la Stratégie d’Investissement chez Cholet Dupont
Notre pays a été touché par des évènements tragiques qui ont ému tous nos concitoyens et nous nous associons au deuil des familles des disparus.

En dépit des menaces, les marchés financiers ont poursuivi leurs progressions en novembre mais de manière plus différentiée, moins régulière et moins soutenue. L’exemple de précédents attentats montre que les impacts économiques devraient être limités.

Le redressement des perspectives de croissance en Europe et la stabilisation engagée en Chine ont constitué un environnement favorable. La faible activité industrielle est compensée par le dynamisme des services. Les consommateurs des pays développés tirent la croissance mondiale, ralentie par les pays émergents.

Les deux réunions de la BCE et de la FED marqueront les temps forts de cette fin d’année. Les décisions de la BCE avaient été d’abord anticipées par les investisseurs, puis surestimées. La déception qui s’en est suivie a engagé la consolidation nécessaire que nous avions attendue et qui constitue à nos yeux une opportunité d’achat. En effet, les perspectives économiques européennes ne seront pas modifiées. De plus, la BCE a visiblement conservé des munitions en n’allant pas au bout des attentes des investisseurs.
 
La remontée des taux de la FED parait inéluctable après les dernières déclarations de sa Présidente. Cette clarification devrait être bénéfique, d’autant que le rythme de la normalisation sera très modéré et très progressif. Les investisseurs s’attendent à une remontée des taux de 1% d’ici fin 2016 et en tirent la conclusion que les actions américaines progresseront peu. Mais ils sont peut-être excessifs. Une hausse des taux trop forte renforcerait le dollar au-delà du raisonnable et entraverait la profitabilité des entreprises américaines. Si la croissance américaine ne s’établit qu’à 2.5% en 2016, la Fed se contentera peut-être d’une remontée des taux de 0.50% ou 0.75%. La hausse du dollar pourrait s’essouffler, ce qui permettrait de stabiliser les matières premières, les pays émergents et les entreprises américaines retrouverait une croissance des résultats plus proche de 7%.

2016 sera donc encore une année de volatilité car les scénarios sur les taux courts et les taux longs, sur les parités de change, sur l’inflation et sur la croissance des résultats s’ajusteront progressivement. Cela engendra des doutes et des regains de confiance en alternance. Mais, l’année devrait être encore positive pour les actions européennes et américaines. Quant aux pays émergents, le premier semestre sera encore compliqué et nous ne pouvons pas encore adopter une recommandation positive.
Cependant, la récession très prononcée en Russie et au Brésil devrait finir par s’atténuer. En effet, le « rapprochement » engagé avec la Russie pourrait permettre une baisse des tensions et un allégement ultérieur des sanctions. La stabilisation des cours du pétrole serait bénéfique. Au Brésil, un changement de l’équipe dirigeante pourrait intervenir et cela réconforterait les investisseurs, à l’image de ce qui s’est passé en Argentine. Comme pour la Russie, la stabilisation des cours des matières premières serait favorable.

Les risques globaux n’ont pas disparu. Mais les incertitudes électorales en France et en Espagne disparaitront rapidement de nos écrans. En revanche, la situation très confuse en Syrie et en Irak fait peser des risques durables de déflagration générale.
Au plan économique et financier, la FED devra opérer son changement de politique monétaire avec discernement car la croissance américaine ne supporterait pas une hausse trop brusque des taux à long terme. Les entreprises américaines et celles des pays émergents se sont rendettées fortement depuis 2008. Le durcissement des conditions financières globales est réel mais encore supportable.
Enfin, certains s’inquiètent de l’achèvement du cycle économique actuel. A nos yeux, le rythme modéré de la reprise économique depuis la crise de 2008 devrait assurer une plus grande longévité de celle-ci. Les déséquilibres habituels qui provoquent les récessions (inflation, taux trop élevés, excès de dettes, bulles financières) pourraient apparaitre plus tardivement et pas avant 2 ans.

A plus court terme, la déception causée par les annonces de la BCE devrait être brève et laisser la place à un petit rallye de fin d’année. Il ramènerait les marchés à leurs niveaux de fin novembre. Nos prévisions de fin d’année pour les indices européens sont inchangées. Nous ajustons légèrement à la hausse celles des indices américains et japonais. A moyen terme, le potentiel de hausse s’établit à 10-15% pour les actions européennes et à 5-10% pour les actions américaines et japonaises.
 
Nous avons apporté quelques modifications à nos recommandations sur les actions. A court terme, nous surpondérons à nouveau les actions européennes et nous avons relevé à neutre les actions émergentes d’Europe de l’Est et d’Amérique Latine.
 
Nous avons modifié nos opinions sectorielles en Europe comme suit : relèvement (+) à court terme du secteur Construction dont la consolidation s’achève et qui devrait bénéficier des investissements en infrastructures du plan Juncker ; abaissement à (=) des secteurs Immobilier (qui pourrait souffrir d’une hausse des taux longs) et Distribution. A moyen terme, nous relevons à (+) les secteurs Assurance et Technologie, à (=) le secteur automobile qui devrait se remettre du scandale VW et encore bénéficier de ventes confortables. Nous abaissons le secteur Télécommunications à (=) et le secteur Banques à (-). Ce dernier souffrira du poids des réglementations et des nouvelles exigences comptables et bilancielles.
 
Sur le marché des devises, le dollar devrait s’approcher de la parité de 1€/$ au 1er trimestre. Nous conservons une position Neutre sur les produits de taux à court terme et Sous-pondérer à moyen terme, car l’année 2016 pourrait s’avérer défavorable.
Nous avons réduit notre exposition sur les emprunts d’Etat, en Europe car les taux sont trop bas, et aux Etats-Unis car l’effet favorable du dollar va s’émousser à moyen terme. Sur les obligations privées, nous avons relevé notre exposition à moyen terme en Europe à Neutre et réduit celle sur les obligations à haut rendement à Sous pondérer.

Rédigé par Vincent GUENZI, Directeur de la Stratégie d’Investissement chez Cholet Dupont le Vendredi 4 Décembre 2015








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