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Investir sur les actions à long terme


Classé parmi les dix meilleurs livres d’investissement par le The Washington Post, le livre de Jeremy Siegel Stocks for the Long Run, un best-seller sur l'investissement boursier vient de sortir en français sous le titre Investir sur les actions à long terme.

Avec cette quatrième édition de son best-seller, Jeremy Siegel continue de façon remarquable à nous présenter des travaux de recherche d’une grande valeur pour nous conseiller comment placer son argent de la meilleure façon sur le marché boursier. Des compléments sur des sujets comme la finance comportementale, la globalisation de l’investissement, et les Exchange Traded Funds (ETF) enrichissent cette nouvelle édition de 540 pages. Les multiples révisions qui parsèment le texte permettent d’ajouter des éléments factuels précieux et des argumentations puissantes, enrichissant son plaidoyer pour la détention d’actions à long terme. 

Jeremy Siegel ne manque pas d’audace, et les arguments qu’il développe dans son livre nous le démontrent. La particularité la plus intéressante de tout l’ouvrage ce sont ses conclusions jumelles concernant l’impact conjugué de bonnes et de mauvaises nouvelles. D’abord, le monde globalisé que nous connaissons aujourd’hui justifie des ratios cours/bénéfice (PER) supérieurs à ceux que nous avons connus par le passé. Mais des ratios plus élevés représentent à la fois une bonne et une mauvaise chose, car cela laisse entendre que les rendements moyens seront dans le futur inférieurs à ceux que nous avons connus dans le passé.

L’observation la plus intéressante de Jeremy Siegel sur le futur va au-delà de cette prévision controversée de PERs plus élevés en moyenne, associés à des rendements moins forts.
« Bien que nos rendements puissent être inférieurs à ceux du passé, dit-il, il y a de grandes raisons pour croire que les actions demeureront l’investissement de prédilection pour tous ceux qui cherchent des gains réguliers sur le long terme. ​»

Dans un système de type capitaliste, les rendements obligataires ne doivent, ni ne peuvent, rapporter sur le long terme plus que les rendements des actions. Les obligations sont des contrats exécutoires devant la justice. Par contre les actions ne promettent absolument rien à leurs détenteurs, ce sont des investissements risqués ; un acte de foi dans l’avenir. Ainsi, ce n’est pas que les actions soient fondamentalement « meilleures » que les obligations, mais si nous exigeons de plus forts rendements sur ces titres de propriété c’est pour être compensés d’une prise de risque supérieure. Si sur le long terme les rendements des obligations devaient être supérieurs aux rendements attendus des actions, les deux classes d’actifs verraient leurs prix respectifs se rééchelonner de telle façon que le risque sur les actions ne soit plus rémunéré. Une telle condition ne saurait convenir. Les actions doivent conserver leur caractère de « meilleur investissement pour tous ceux qui recherchent des gains réguliers à long terme » ou alors c’est tout le système qui sombrerait, et qui plus est avec une forte déflagration...


Rédigé par Peter Bernstein, le Vendredi 7 Avril 2017