Il n'y a pas que les marchés !
Une autre clé d’or Par Bertrand Richard, le Jeudi 11 Août 2011 à 17:00
Sans doute les événements historiques qui secouent actuellement les marchés ont-ils détourné les esprits d’un événement qui en période plus calme aurait pu alimenter une polémique pour peu que les médias l’aient mise en avant. Un procureur, celui de Dunkerque, a enjoint aux équipes de policiers et de gendarmes placées sous son autorité de bien vouloir surseoir jusqu’au cinq septembre à l’exécution de peines d’emprisonnement mineures. Il prit le soin dans sa circulaire de préciser que ceci ne s’appliquait pas aux récidives de violences et aux infractions les plus graves notamment à caractère sexuel. La raison de cette mesure, en apparence clémente, n’était pas justifiée, n’en déplaise aux esprits assoiffés de répression, par un quelconque laxisme mais simplement par le fait odieux et inadmissible que la maison d’arrêt de Dunkerque compterait actuellement cent cinquante détenus pour cent places. Des matelas à même le sol voire sur la table commune d’une cellule de dix mètres carrés sont chaque soir déroulés pour que le sommeil parvienne aux troupes de l’infamie, êtres condamnés ou en attente de l’être et à qui l’humanité est ainsi honteusement déniée. L’humiliation accompagne la sanction qui devrait être unique car suffisamment douloureuse, celle de la privation de liberté.
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