Ce devait être l'événement de la journée, ce le fut mais pas celui que les opérateurs espéraient tant. La conférence de presse de Mario Draghi a, au fur et à mesure qu'elle se déroulait, découragé les opérateurs lesquels se sont enfuis les uns après les autres et ainsi le CAC 40 dessine une très longue bougie noire avec cassure sans équivoque des 3270 points. L'Euro sera défendu coûte que coûte, son existence est irréversible et la BCE reviendra sur le marché secondaire obligataire pour tenter de soulager l'Espagne et l'Italie. Il n'est plus question d'une licence bancaire à accorder au MES et quand au FESF, il fonctionnera si les pays, en besoin, le demandent et ce sous conditions strictes soit un abandon de souveraineté. D'un jeudi à l'autre, l'Allemagne a dit non, pas de planche à billets, pas de prérogatives nouvelles pour la BCE et pour le MES. Le banc est clôturé et l'Europe conserve ses risques d'implosion d'autant que fièrement l'Espagne et l'Italie refusent de se soumettre aux impératifs du FESF. La tension sur les taux peut reprendre sauf que le risque zéro d'une explosion pour une cocotte minute chauffée à blanc n'existe pas.
Aux Etats-Unis, on recule mais de manière plus nuancée qu'en Europe. Un menu espoir de voir les chiffres officiels du chômage régresser interdit de céder au pessimisme le plus noir mais la déconvenue européenne va exacerber la volatilité d'autant qu'il ne devrait pas se passer grand chose avant la rentrée. Il serait étonnant que d'ici là les américains ne fassent pas pression sur l'Europe, il est de ces inerties que l'on sait, ici, irresponsables
Le CAC peut se reprendre mais s'il ne veut pas revenir au-dessus des 3270 points, il se place de nouveau en danger dans un climat d'extrême volatilité qui sera entretenu par des volumes estivaux. Le goût amer laissé par l'aveu d'une forme d'impuissance de la BCE peut s'estomper si les marchés américains tiennent un biais haussier mais le retour de la prudence n'est pas contestable.
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