Conjoncture


BCE : l’appréciation de l’euro ajoute de l’incertitude

Les taux directeurs devraient demeurer à leur niveau actuel pour une période prolongée et bien au-delà de la fin des achats d’actifs.


Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE)
Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE)
Il y avait certaines attentes voulant que la BCE aurait pu annoncer hier sa stratégie de sortie concernant son programme d’achat d’actifs. Finalement, elle indique encore que ses achats se poursuivront au rythme de 60 milliards d'euros par mois jusqu’à la fin de l’année. Aucune indication n’est donnée pour l’an prochain, mais on imagine que la coupure ne sera pas nette et que les achats seront graduellement réduits. Mario Draghi a mentionné que plus d’information devrait être dévoilée en octobre.
La BCE se montre plus optimiste pour la croissance économique. À 2,2 %, on se dirigerait vers la meilleure croissance du PIB réel depuis 2007.
L’appréciation du taux de change ajoute néanmoins de l’incertitude et la BCE indique qu’elle suivra la situation de près. La vigueur de l’euro a aussi une influence sur l’inflation, ce qui a justifié une révision à la baisse des prévisions pour 2018 et 2019 malgré une économie plus robuste. Rappelons que les prévisions d’inflation avaient aussi été révisées à la baisse en juin.


Implications

Malgré la récente bonne performance de l’économie en zone euro, on constate que la BCE préfère jouer de prudence en s’abstenant de précipiter le retrait de ses mesures de soutien. Le fait qu’elle ne prévoit toujours pas un retour rapide de l’inflation à la cible suggère que le début d’une remontée des taux d’intérêt est encore loin. Par ailleurs, une appréciation plus importante de l’euro pourrait inciter la BCE à attendre un peu plus longtemps avant de réduire ses achats ou d’y aller de façon plus graduelle. Les prévisions d’inflation publiées aujourd’hui ont été basées sur un taux de change à 1,18 $ US. Au moment d’écrire ces lignes, l’euro s’échangeait autour de 1,20 $ US.

Rédigé par Hendrix Vachon, économiste principal chez Desjardins, le 08/09/2017 | Lu 460 fois

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