Bourse

Après la hausse des marchés actions, des réallocations d’actifs


2015 sera-t-elle l’année des actions ?

Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée  chez CPR AM
Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM
Les premiers mois le laissent croire, avec une hausse généralisée des marchés actions. Elle est la grande gagnante des politiques accommodantes des Banques centrales partout dans le monde et profite d’un afflux de liquidités et d’un repli de l’aversion au risque. Les résultats sont là : en moins de trois mois, les actions mondiales ont gagné plus de 15 % en euros. De quoi tout de même se demander ce qui demeure comme potentiel de hausse.
 
Si pour l’instant la marée montante profite à tous, nous sommes convaincus, chez CPR AM, que des écarts de performance devraient apparaître. Car les dynamiques et le momentum économique à l’œuvre sont très différents, notamment entre les Etats-Unis et la zone euro.

Une conjonction de facteurs favorables aux actions européennes

Après des années d’une politique monétaire très accommodante, les Etats-Unis devraient prendre la voie de la normalisation. Une remontée des taux semble acquise en 2015, nous l’anticipons en juin ou en juillet. A l’inverse, la BCE a annoncé mi-janvier un assouplissement quantitatif qui a favorablement surpris par son ampleur. Avec des effets immédiats sur les marchés actions : des transferts de flux massifs ont eu lieu, depuis l’Amérique du Nord vers la zone euro. L’intérêt des investisseurs étrangers pour les actions européennes pourrait se confirmer dans les mois à venir, le niveau de leurs placements est encore inférieur à la période pré-2014.
Divers indicateurs pointent également l’attrait de la zone euro face aux Etats-Unis, comme par exemple l’indice CITI des surprises économiques.

Des signaux à surveiller sur les entreprises américaines

Au-delà du contexte, notre inquiétude porte sur la dé-corrélation croissante entre les performances boursières et les bénéfices des entreprises américaines. Ces derniers ne sont plus le moteur de la hausse des marchés, notamment aux Etats-Unis.

Conséquence immédiate, avec de tels niveaux de valorisation, le marché américain n’est plus attractif. Le mouvement est de moindre ampleur en zone euro et les valorisations y restent attractives. Tandis que le marché américain a touché des niveaux historiquement élevés, les actions européennes profitent toujours d’une décote de 33 % par rapport à ce dernier.

L’écart de situation entre les entreprises américaines et européennes devrait se creuser. Les premières sont pénalisées par la hausse du dollar, tandis que les secondes profitent du repli de l’euro et des matières premières. Cela se traduirait par une croissance des bénéfices des entreprises européennes de plus de 15 % cette année, tandis que les américaines plafonnerait autour de 3 %.

Une allocation en faveur des actions européennes

Face à ces observations, nous avons adapté la gestion de notre gamme CPR Croissance. Depuis le mois de décembre, nous effectuons graduellement une réallocation des actions américaines vers les européennes. Cette politique marque donc notre retour sur le marché actions européen, que nous avions complètement désinvesti à l’été 2014, dans une optique de préservation de la performance.

Nous réduisons toutefois notre exposition à la classe actions dans son ensemble, car nous anticipons une respiration après cette envolée des marchés. Sur l’obligataire, la zone euro est également au cœur de nos placements, avec une prédilection pour les maturités longues. Nous prévoyons aussi prendre des positions sur les taux américains et britanniques, qui devraient, à l’avenir, être pourvoyeurs de rendement.

Rédigé par Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM, le Lundi 23 Mars 2015